Arnaques crypto en 2026 : les schémas qui reviennent et comment les reconnaître

Depuis le second semestre 2023, les arnaques financières signalées en France se concentrent sur les crypto-actifs. Le parquet de Paris chiffre le préjudice global des escroqueries financières à au moins 500 millions d’euros par an.

Cette page décrit les schémas qui reviennent en 2026, les vérifications qui les font tomber et les démarches utiles lorsque les fonds sont déjà partis. Elle complète notre dossier sur les crypto-actifs en France.

Ce que disent les chiffres officiels

29 000 € de perte moyenne déclarée à l’AMF

Sur les pertes déclarées auprès de l’AMF, la moyenne atteignait 29 000 € fin novembre 2024, tous thèmes d’arnaques confondus. L’ACPR mesurait la même année 69 000 € sur les faux livrets d’épargne et 19 000 € sur les faux crédits.

Ces montants correspondent à des versements cumulés. L’AMF cite le cas d’une victime ayant réglé 53 000 € au total, après un premier dépôt de 1 000 €.

3,2 % des Français touchés en 2024

Une enquête BVA Xsight menée pour l’AMF du 2 au 16 septembre 2024 auprès de 5 001 personnes estimait à 3,2 % la part des Français victimes d’une arnaque à l’investissement, contre 1,2 % en 2021.

Le baromètre de l’investissement publié par l’AMF en décembre 2025 donne une mesure différente : 16 % des personnes interrogées déclarent avoir déjà subi une escroquerie sur un placement financier.

Des cibles jeunes et masculines

Dans l’enquête de septembre 2024, les hommes de moins de 35 ans forment 45 % des victimes probables. Ce profil est le plus exposé aux messages d’enrichissement rapide diffusés sur les réseaux sociaux.

Le baromètre de décembre 2025 confirme la tendance : les hommes représentent 68 % des personnes ayant déclaré une arnaque.

Les schémas qui reviennent

La fausse plateforme qui bloque les retraits

Le site reprend le vocabulaire d’une plateforme autorisée et affiche un solde qui progresse. Le tableau de bord est un écran : les fonds ne sont jamais investis, ils partent vers un compte bancaire étranger.

Le blocage arrive au moment du retrait. La victime doit alors payer des « frais de déblocage » ou une « taxe » sur les gains affichés, et les versements se cumulent sans retour.

Le faux conseiller qui propose de protéger un compte

L’appelant se présente comme un employé de la banque ou d’une autorité de contrôle et annonce une suspicion de fraude. La suite consiste à obtenir vos identifiants ou la validation d’opérations en cours.

Une variante envoie un coursier récupérer une carte bancaire présentée comme défectueuse. Aucune banque ne demande vos identifiants : un contre-appel au siège, avec un numéro trouvé par vous-même, tranche le doute.

L’usurpation d’un acteur régulé

Un tiers des arnaques par usurpation signalées à l’AMF utilisent l’identité de l’AMF elle-même. D’autres reprennent le nom d’établissements financiers et d’entreprises non financières.

Certaines campagnes achètent de la publicité sur des sites d’information reconnus et publient de faux articles de presse, ce qui donne une apparence journalistique à l’offre.

Les vidéos truquées par intelligence artificielle

Des montages vidéo attribuent à des personnalités connues des propos qu’elles n’ont jamais tenus. Ces séquences prétendent révéler la source de leur richesse, présentée comme un service de trading de crypto-actifs.

L’ACPR et l’AMF classent ces productions parmi les techniques d’escroquerie les plus diffusées. La vérification utile reste identique : l’inscription de l’acteur sur la liste blanche des PSCA.

L’arnaque sur l’arnaque

Après une première perte, la victime est contactée par une personne se présentant comme mandatée par une autorité publique pour récupérer ses fonds. Le service est facturé à l’avance, et rien n’est récupéré.

Les autorités observent une baisse du nombre de plaintes alors que le préjudice reste estimé à 500 millions d’euros par an, ce qui laisse une part des faits hors des statistiques.

Trois vérifications avant d’envoyer des fonds

Chercher le prestataire dans la liste blanche des PSCA

Depuis le 2 juillet 2026, seule une société autorisée au titre du règlement MiCA peut fournir des services sur crypto-actifs à des clients français. L’AMF recense 31 prestataires autorisés en France et 283 dans l’Union européenne.

L’absence d’un acteur de la liste blanche suffit à arrêter la démarche, et une absence de la liste noire ne prouve rien : ces listes ne sont pas exhaustives. Vous pouvez consulter les listes noires de l’AMF, puis comparer les acteurs autorisés sur notre page consacrée à l’achat de Bitcoin en France.

Refuser un rendement annoncé comme garanti

Aucune société sérieuse ne peut garantir un rendement minimum sur des crypto-actifs, rappelle l’AMF. Un gain affiché avec une date d’entrée fixée et sans mention de perte possible est un signal d’alerte.

Un conseiller qui promet un revenu régulier sans fournir de document écrit et daté sur le produit ne peut pas s’appuyer sur un livre blanc notifié à l’AMF ou à l’ACPR, condition d’admission d’un crypto-actif sur une plateforme.

Repérer l’urgence imposée

Un délai de quelques heures, une offre qui « expire ce soir » ou un gain conditionné à un virement immédiat ont une seule fonction : empêcher la vérification.

Les autorités recommandent de croiser plusieurs sources indépendantes avant tout versement. Ce délai de vérification est exactement celui que le discours d’urgence cherche à supprimer.

Si les fonds ont déjà été transférés

Prévenir la banque et signaler le compte destinataire

Le premier réflexe est d’appeler sa banque pour tenter de rappeler un virement ou de faire opposition sur une carte. Le signalement du compte destinataire alimente la base THESEE de la Banque de France.

Le délai compte : un virement SEPA exécuté part dans les heures qui suivent. Chaque jour passé réduit la probabilité d’un blocage des fonds par la banque réceptrice.

Déposer plainte, seul recours face à un site non autorisé

Avec une plateforme autorisée, le médiateur de l’AMF peut intervenir. Avec une plateforme illégale, la plainte auprès de la police ou de la gendarmerie est le seul recours ouvert, et les chances de récupérer les fonds restent très limitées.

Une perte par escroquerie ne se compense pas avec d’autres plus-values : les moins-values ne se reportent pas, comme le détaille notre page sur la fiscalité des crypto-actifs en France.

Aucune garantie des dépôts ne couvre les crypto-actifs

Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution ne couvre pas les crypto-actifs, même chez un prestataire autorisé par l’AMF. Une faillite de plateforme laisse les clients sans indemnisation automatique.

C’est l’argument central en faveur de la conservation personnelle. Détenir ses actifs dans un portefeuille froid retire la clé privée du serveur d’un tiers, ce qui réduit la surface exposée.

Dernière mise à jour : 23 septembre 2026.