Les plateformes encore ouvertes aux résidents français sont désormais peu nombreuses. Leurs barèmes vont de 0,15 % à 1,49 % par ordre, avant les frais de dépôt, de retrait et le spread. Cette page compare les tarifs relevés le 25 septembre 2026 chez les prestataires autorisés. Elle complète notre dossier sur les crypto-actifs en France.
Ce qui a changé pour choisir une plateforme en 2026
Depuis le 2 juillet 2026, seules les entreprises autorisées au titre du règlement européen MiCA peuvent fournir des services sur crypto-actifs aux résidents français. Le statut PSAN a été radié automatiquement. L’AMF comptait 31 prestataires autorisés en France dans son communiqué du 6 juillet 2026, sur 283 autorisés dans l’Union européenne.
La liste blanche de l’AMF, téléchargée le 25 septembre 2026, recense 194 prestataires habilités à servir la France, dont 36 entités agréées par l’AMF elle-même. Un prestataire absent de cette liste ne peut plus ouvrir de compte à un résident fiscal français.
Ce que l’agrément impose au prestataire
L’agrément MiCA impose une autorisation préalable, des fonds propres minimums et la séparation des crypto-actifs des clients de ceux de la plateforme. Cette ségrégation des avoirs évite qu’ils se confondent avec le bilan de l’entreprise, sans protéger pour autant contre une baisse de leur valeur.
Comment vérifier une plateforme avant de déposer
Le contrôle prend quelques minutes. Ouvrez la liste blanche PSCA publiée par l’AMF, puis cherchez le nom commercial du prestataire et vérifiez que les services proposés figurent dans la colonne des activités autorisées. Notre page sur les arnaques crypto qui reviennent en 2026 détaille cette méthode.
Les frais d’ordre vont de 0,15 % à 1,49 %
Les plateformes autorisées se répartissent en deux familles. Les marchés à carnet d’ordres affichent des commissions dégressives selon le volume échangé, les applications d’achat simplifié un pourcentage fixe. Un achat de 1 000 € coûte donc entre 1,50 € et 14,90 € de frais d’ordre, selon l’intermédiaire retenu.
Ces barèmes sont publics et datés. Les montants cités ci-dessous ont été relevés le 25 septembre 2026 sur les pages tarifaires officielles, et peuvent évoluer sans préavis.
Les marchés à carnet d’ordres
Bitvavo, autorisé aux Pays-Bas, facture 0,15 % en maker et 0,25 % en taker sur les paires en euros au premier palier de volume. Kraken Pro, autorisé en Irlande, affiche 0,40 % en maker et 0,80 % en taker au premier palier, puis 0,30 % et 0,60 % dès 2 500 dollars de volume sur trente jours.
Chez Coinbase, l’ordre simplifié intègre un spread dans le prix affiché. La page d’aide du prestataire indique qu’un ordre limite ajoute 1 % de frais d’exécution, en plus de frais Coinbase pouvant atteindre 1,875 % selon le moyen de paiement.
Les applications d’achat simplifié
Bitpanda facture 0,99 % sur le Bitcoin et les stablecoins, 1,49 % sur les autres crypto-actifs et jusqu’à 2,49 % sur les jetons Spotlight. Finary applique 1,49 % sur sa version gratuite, 0,99 % avec l’abonnement Plus et jusqu’à 0,49 % avec le statut VIP selon les montants déposés.
Bitstack descend de 1,49 % sous 250 € par opération à 0,49 % au-delà de 500 000 €, et propose 0,75 % avec l’abonnement Plus à 2,99 € par mois. Trade Republic applique 1 € de frais de règlement par ordre isolé, les plans d’épargne programmés restant gratuits.
Le spread, le dépôt et le retrait s’ajoutent au prix
La commission n’est qu’une partie de la facture. Deux postes pèsent souvent davantage sur les petits montants : le spread, écart entre le cours du marché et le cours appliqué, et les frais de dépôt ou de retrait quand ils existent.
Le spread ne figure pas dans la grille tarifaire
Sur une application d’achat simplifié, le prix affiché inclut un écart retenu en partie par la plateforme. Kraken annonce ainsi 1 % de frais sur l’achat instantané et précise que le prix inclut un spread. Cet écart est visible dans l’écran de confirmation, avant validation de l’opération.
Les virements SEPA sont souvent gratuits, les retraits rarement
Bitvavo ne facture aucun frais sur un dépôt SEPA, jusqu’à 5 000 000 € par virement. Bitpanda ne facture pas les virements SEPA en euros, à l’encaissement comme à l’émission, mais applique 1,49 % sur un dépôt par PayPal.
Kraken facture 1 € un retrait SEPA, avec un minimum de 2 €, et 0,90 € en SEPA instantané via ClearJunction. Finary ne facture rien sur les retraits avec l’abonnement Plus, contre 1 € sur les offres Lite et gratuite.
Quelle plateforme pour quel profil
Aucune plateforme n’est la moins chère sur tous les usages. Le bon choix dépend du montant par opération, de la fréquence des achats et du besoin de transférer ensuite ses crypto-actifs vers un portefeuille personnel.
Pour un premier achat de 100 € par mois
Les frais fixes dominent sur les petits montants : 1 € de frais représente déjà 1 % de l’ordre chez Trade Republic, quand 1,49 % chez Bitstack ou Finary coûtent 1,49 €. Sur ce format, la commission affichée compte moins que le spread et que la simplicité du parcours d’achat.
Pour des ordres de 1 000 € et plus
Le carnet d’ordres reprend l’avantage. Un ordre au marché coûte 2,50 € chez Bitvavo au premier palier, contre 8 € chez Kraken Pro et 1 € plus le spread chez Trade Republic. Le choix d’un ordre limite plutôt qu’au marché réduit encore la facture dans les deux premiers cas.
Pour suivre l’ensemble de son patrimoine
Finary et Bitpanda réunissent crypto-actifs, actions et ETF dans une même application. Ce confort se paie sur les frais de courtage, plus élevés que sur un carnet d’ordres, et ne dispense pas de transférer ses avoirs vers un portefeuille froid pour les montants importants.
Ce que l’agrément MiCA ne couvre pas
L’autorisation européenne protège contre l’exercice illégal et encadre la relation client. Elle ne protège ni la valeur des crypto-actifs détenus ni le capital engagé, et les frais restent dus même en cas de baisse des cours.
Aucune garantie des dépôts sur les crypto-actifs
Le mécanisme de garantie des dépôts de 100 000 € couvre les espèces confiées à un établissement bancaire, pas les crypto-actifs. Chez Trade Republic, cette garantie s’applique aux fonds en espèces, tandis que les crypto-actifs relèvent de la conservation.
La revente reste imposable
Les plus-values sur crypto-actifs relèvent du prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, avec une exonération si les cessions annuelles restent sous 305 €. Notre page sur la fiscalité crypto en France en 2026 détaille les formulaires à transmettre.
Notre avis sur le choix d’une plateforme
Ce qui pèse le plus dans la durée
Pour des achats réguliers de faible montant, le cumul des commissions dépasse rarement 15 € par an. Le vrai poste de coût reste le spread et la qualité d’exécution, deux éléments qui ne figurent dans aucune grille tarifaire comparée.
Ce qui doit faire renoncer
Une plateforme absente de la liste blanche de l’AMF, un rendement annoncé comme garanti ou un retrait conditionné à un nouveau dépôt suffisent à écarter un prestataire. Nos pages sur les frais d’achat du Bitcoin et sur le cold wallet complètent ce comparatif.
Dernière mise à jour : 25 septembre 2026.