Un airdrop est une distribution de tokens à des adresses de portefeuille existantes. L’émetteur du projet fixe librement la liste des bénéficiaires et la date, sans demander de paiement en échange.
Le mot vient de l’anglais « to drop », larguer. Les tokens arrivent dans un portefeuille, soit automatiquement, soit après une action de réclamation. Aucune autorité ne valide la liste des bénéficiaires.
Ce qu’un airdrop distribue réellement
Un exemple documenté : 400 UNI par adresse
Le 17 septembre 2020, Uniswap a distribué 150 millions de UNI, soit 15 % de la réserve initiale, à 251 534 adresses ayant utilisé le protocole avant le 1er septembre 2020. Chaque adresse recevait au moins 400 UNI.
Cette campagne reste la référence du secteur. Elle reposait sur une liste d’adresses éligibles publiée à l’avance et sur un contrat de réclamation unique.
Le largage direct, sans réclamation
Le 29 novembre 2024, Hyperliquid a envoyé 310 millions de HYPE, environ 31 % de la réserve, à près de 94 000 portefeuilles. Aucune réclamation n’était nécessaire : les tokens sont arrivés directement dans les adresses éligibles.
Ce modèle supprime l’étape la plus risquée d’une campagne classique, la connexion du portefeuille à un site de réclamation.
Ce que MiCA dit des tokens distribués gratuitement
L’exemption de livre blanc ne couvre pas tout
L’article 4 du règlement MiCA exempte de livre blanc les offres où le crypto-actif est offert gratuitement. Cette exemption tombe si le bénéficiaire doit fournir ses données personnelles, ou si l’émetteur perçoit une commission en échange.
Une campagne qui exige une adresse électronique, un abonnement à un réseau social ou un dépôt préalable n’est donc pas une distribution gratuite au sens du texte.
L’exemption tombe en cas de cotation
Le même article écarte l’exemption lorsque l’émetteur annonce son intention de faire admettre le token à la négociation. La publication d’un livre blanc redevient obligatoire, avec notification à l’AMF ou à l’ACPR.
Les plateformes qui cotent ces tokens doivent elles-mêmes être autorisées : l’AMF recensait 31 prestataires autorisés en France et 283 dans l’Union européenne au 6 juillet 2026, comme le détaille notre comparatif des plateformes autorisées.
Fiscalité : l’imposition porte sur la revente
Une valeur d’acquisition nulle
La réception d’un airdrop ne constitue pas une cession : aucun prix de vente n’est encaissé à ce moment. La doctrine fiscale retient une valeur d’acquisition nulle lorsque les actifs numériques ont été attribués gratuitement, au BOI-BNC-CHAMP-10-10-20-40.
Conséquence directe : à la revente, la plus-value se calcule sur la totalité du prix de cession, sans prix d’achat à déduire. Aucun texte ne traite spécifiquement des airdrops, la qualification dépend du contexte de la distribution.
Le taux appliqué à la cession
La revente des tokens relève du régime de l’article 150 VH bis du code général des impôts, avec un prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, composé de 12,8 % d’impôt et de 18,6 % de prélèvements sociaux.
L’exonération s’applique tant que le total des cessions de l’année ne dépasse pas 305 €, précise impots.gouv.fr. Le détail se reporte sur l’annexe 2086 et un compte ouvert à l’étranger sur l’imprimé 3916-bis, comme l’explique notre page sur la fiscalité crypto en France.
Reconnaître un faux airdrop
Le faux site de réclamation
L’AMF a publié le 27 juillet 2026 une mise en garde intitulée « Crypto-monnaies : attention aux arnaques ! ». Elle décrit des sites copiant l’interface d’un projet réel pour obtenir une signature de portefeuille, et non pour distribuer des tokens, comme le recense la liste noire de l’AMF.
L’autorité a ajouté 38 sites non autorisés sur les crypto-actifs depuis le début de 2026, selon son communiqué du 8 juillet 2026, et précise que cette liste n’est pas exhaustive. Notre page sur les arnaques crypto décrit ces schémas en détail.
La fausse promesse de récupération
L’AMF rappelle qu’aucune banque ni aucune autorité ne contacte un particulier de sa propre initiative pour l’aider à récupérer des fonds perdus. Une somme présentée comme une « taxe » à régler pour débloquer un retrait est un signal d’alerte documenté.
L’autorité retient aussi le rendement garanti comme indice : elle écrit qu’un rendement élevé assuré au-delà de 2 à 3 % n’existe pas.
Vérifier avant de connecter un portefeuille
Partir de la source officielle du projet
Le lien de réclamation doit venir du site officiel ou du compte vérifié du projet, jamais d’un message privé, d’un courriel ou d’une publicité. Le portefeuille utilisé pour réclamer doit rester distinct de celui qui conserve vos avoirs.
Un portefeuille chaud suffit pour cette opération ponctuelle, à condition de le vider avant la connexion. Ses limites sont décrites sur notre page du portefeuille crypto chaud.
Contrôler le contrat et les approbations
L’adresse du contrat de distribution se vérifie sur un explorateur de blocs, qui affiche sa date de déploiement et son émetteur. Une adresse créée le jour de la campagne, sans historique d’usage, n’a pas de raison d’être l’adresse officielle du projet.
Les autorisations accordées à un contrat restent valides jusqu’à leur révocation. Révoquer une approbation inutile supprime la possibilité d’un prélèvement postérieur à la campagne.
Dernière mise à jour : 1er octobre 2026.